Série d’articles : road trip en Europe de l’Est (été 2020) !

12 jours, 6 pays, 4000 kilomètres

Voici une nouvelle série d’articles au sujet de mon voyage de l’été dernier à la découverte de l’Europe de l’Est ! L’objectif est de vous raconter cette belle aventure tout en vous apportant quelques conseils si vous voyagez en fauteuil roulant.

La décision

Un jour de mai, alors que l’on sortait à peine du confinement, j’ai eu l’idée un peu folle de faire un grand voyage au mois d’août. Il faut dire qu’après de longues semaines d’isolement, sans sortir ni voir personne, grande était l’envie de liberté et d’évasion. D’autant plus que j’avais dû annuler en mars un voyage à Los Angeles, pour les raisons que vous imaginez. A ce moment-là, les frontières européennes venaient de rouvrir, et personne ne pouvait dire ce qu’il en serait quelques mois plus tard. J’ai donc pris le risque d’organiser un voyage de 2 semaines en Europe et en voiture, sans garantie de pouvoir partir le moment venu.

1ère étape : la préparation du voyage

J’ai choisi d’axer mon voyage autour de 2 pays principaux pays : l’Allemagne et l’Autriche ; et ce pour des raisons familiales. Ma sœur habite Berlin et mon frère à Vienne. J’avais hâte de leur rendre visite après plusieurs mois de séparation forcée. J’ai opté pour la voiture pour les déplacements : c’est la solution la plus pratique pour transporter ma quantité impressionnante de bagages. Cela évite aussi les annulations de train ou d’avion, et les contrôles aux frontières par la même occasion.

Pour moi la première question que je me pose pour un voyage c’est : qui va m’accompagner ? Mon handicap nécessite une présence permanente et de m’aider pour tous les gestes du quotidien. J’ai donc proposé à 2 de mes auxiliaires de vie (Amandine et Aurélien) de m’accompagner, grâce à qui j’ai pu partir. Puisqu’il s’agit d’un travail 24h/24, vu le nombre de kilomètres à parcourir (bien sûr ce n’est pas moi qui conduit) et le poids des bagages, c’est mieux avec 2 accompagnateurs !

 Ensuite, il restait à définir les étapes de notre périple. Je ne voulais pas faire trop d’étapes car l’installation et le rangement du matériel n’est pas une mince affaire dans mon cas. Nous avons donc fait 4 étapes : Munich, Vienne, Berlin puis Francfort. Une série de grandes villes dont j’étais sûr de l’accessibilité en fauteuil roulant. Je pouvais y trouver facilement des hébergements adaptés. Des villes également proches des frontières afin de découvrir un maximum de pays en peu de temps. 

J’ai pu trouver et réserver de superbes hôtels en Allemagne à des tarifs très intéressants. En raison de l’épidémie, les hôtels cherchaient désespérément des clients et proposaient des chambres à -50%. C’était 3 établissements du groupe NH Hôtels, une chaîne d’hôtels milieu de gamme, très modernes et très accessibles. Ils étaient tous bien situés en centre-ville même si c’était un peu plus compliqué pour le stationnement.

Concernant Vienne en Autriche, j’ai opté pour la solution Airbnb : j’ai loué le même appartement que lors d’un précédant séjour. Un T2 au rez-de-chaussée d’un immeuble très récent, donc bien accessible en fauteuil roulant, idéalement situé dans la capitale autrichienne.

En matière de matériel, j’étais comme d’habitude très chargé, avec toutes les machines dont j’ai besoin pour vivre : mon assistance respiratoire de jour (+ une machine de secours), mon assistance respiratoire de nuit, ma pompe de nutrition, et mon fauteuil électrique sans oublier mon fauteuil roulant manuel. Auquel il faut rajouter tous les « accessoires » : les chargeurs, alimentations et multiprises, les 12 poches de nutrition, les circuits de secours pour la respiration et les chambres à air de secours pour les pneus et les outils pour le fauteuil. Et bien sûr tout oubli peut être fatal ! De quoi remplir en bonne partie mon véhicule utilitaire allemand VW aménagé pour transporter mon fauteuil électrique. Il restait encore un peu de place pour mes bagages classiques et ceux de mes auxiliaires de vie.

La voiture que j’utilise pour mes déplacements

J’ai bien sûr planifié les itinéraires pour ne pas dépasser les 750 km à parcourir dans une journée. J’ai un peu réfléchi aux activités sur place, sans établir de planning pour se laisser un peu de liberté. A l’exception de 2 activités dont je vous garde la surprise pour la suite…

Et une dernière chose : avant de partir moi et mes auxiliaires avons tous les 3 passé un test covid pour ne pas avoir de difficultés lors du passage aux frontières en cas de contrôle. Cela ne m’a pas empêché de vérifier tous les jours les restrictions de circulation en Europe pour les ressortissants français jusqu’au jour du départ. Nous avons pu aller dans tous les pays souhaités. Il faut dire que j’ai eu de la chance sur ce coup-là !

La suite dans le prochain épisode 😊

2 commentaires

  1. Bonjour Antoine, génial, je vais lire les autres articles avec beaucoup d’intérêt… J’ai l’occasion de rencontrer pas mal de personnes en fauteuil en Inde et maintenant au Japon, et aussi bien sûr en France, notamment parce que je travaille avec My Human Kit et Nicolas Huchet à Rennes. Et j’adorerais que ces personnes, dont certaines sont devenues des amis et amies, puissent se rencontrer. Mais la question de l’avion m’a toujours interpellée, surtout quand la personne ne peut se lever ou se déplacer avec des béquilles… Bref, tu parles d’un voyage à Los Angeles, comment ça se passe du coup ? De plus un de mes collègues/amis dont le fils en fauteuil est parti en échange académique à Washington m’a dit que le fauteuil avait été détérioré à l’aller et au retour…
    Dans l’attente de te lire, Sandrine

    1. Auteur

      Bonjour Sandrine, je te remercie pour ton message. Dans mon cas, prendre l’avion est possible mais c’est vraie aventure !
      Ce pourquoi je me déplace en train ou en voiture lorsque j’en ai la possibilité. J’ai écrit un article sur le sujet des déplacements en avion pour les personnes en fauteuil roulant : http://depasser-son-handicap.fr/voyage-a-ny-prendre-lavion-avec-un-fauteuil-roulant/
      C’était suite à un voyage à New York que j’ai réalisé en 2016.
      Bonne journée.

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