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Mon métier d’ingénieur en situation de handicap

Comme certains parmi vous le savent, je suis ingénieur de formation. Je travaille en tant que Chargé d’opérations immobilières pour un bailleur social. Aujourd’hui, cela fait presque deux ans que je travaille dans la même entreprise, et force est de constater que cela se passe très bien à tous les niveaux. J’en suis vraiment très satisfait : j’aime ce que je fais, l’ambiance de travail est agréable, je gagne bien ma vie, je travaille juste à côté de là où j’habite. Que demander de plus ? Mon handicap, pourtant considéré comme particulièrement lourd, n’est plus un obstacle à l’exercice de mon métier, et je dirai même qu’il importe peu.

Bref, on est bien loin de la vision misérabiliste et très négative du handicap en entreprises véhiculée par la société et les médias. Il suffit de jeter un coup d’œil aux articles de presse sur le sujet pour s’en rendre compte. Si ces articles illustrent sans doute une certaine réalité, ils ont cependant un effet dévastateur ! Aussi bien chez les candidats en situation de handicap que chez les entreprises cherchant à embaucher.

Récemment, je suis tombé sur un article du Figaro très encourageant, intitulé « Les handicapés ont 3 fois moins de chance d’avoir un emploi ». Cela commence très bien !

L’article présente toute une série de statistiques plus déprimantes les unes que les autres, qui montrent qu’être handicapé, c’est la galère assurée dans le monde du travail ! Les commentaires des internautes ne font que rajouter de l’ombre à ce tableau déjà bien sombre, avec leur lot de préjugés qui ne font que corroborer la thèse défendue par l’article.

Je ne dis pas que le contenu de l’article n’est pas valable, mais j’ai quelques questions à vous poser :

  • Cet article va-t-il contribuer à améliorer l’emploi des personnes handicapées ?
  • Dire aux personnes handicapées qu’elles n’ont aucune chance va-t-il les aider et les motiver à chercher un emploi ?
  • Les entreprises vont-elles avoir envie d’embaucher des personnes handicapées, présentées comme des « bras cassés », au chômage et sans diplôme ?

L’objectif de mon article est donc, une fois n’est pas coutume, de vous présenter le handicap en entreprise sous un angle plus positif, à travers mon expérience personnelle. Et de montrer autour de moi que OUI, le handicap en entreprise peut être synonyme de réussite, et peut même constituer un avantage pour l’entreprise. OUI, on peut travailler et apporter beaucoup même avec un handicap très lourd. OUI, une personne handicapée peut avoir un poste qualifié, de niveau cadre et avec responsabilités. Et NON, aménager un poste de travail pour le handicap n’est pas toujours difficile et coûteux.

En quoi consiste mon métier ?

Pour commencer, je voulais vous présenter en quoi consiste mon métier. Le métier de chargé d’opérations immobilières est un métier de gestion de projets. Le chargé d’opérations immobilières a pour vocation le pilotage de plusieurs opérations immobilières pour le compte de son entreprise. En gros, il est chargé de faire avancer et mener à leur terme les projets de construction et de réhabilitation de sa société. Il coordonne les différents intervenants (l’architecte et les bureaux d’études, les entreprises de travaux, les collectivités locales), tout en s’assurant du respect des délais et du budget alloué à l’opération.

Puisque j’exerce mon métier chez un bailleur social, les projets dont je m’occupe concernant la construction et la rénovation de logements sociaux, à destination de personnes à revenus modestes.

On peut accéder à ce poste de 2 façons principalement : par l’intermédiaire d’un diplôme d’ingénieur en génie civil (Bac+5), ou bien avec un diplôme d’architecte, ou bien encore après être passé par d’autres postes et avoir acquis une certaine expérience. En ce qui me concerne, je suis ingénieur en génie civil de formation (INSA Lyon) et j’ai accédé à ce poste suite à une 1ère expérience d’ingénieur calcul de structures, à l’âge de 23 ans.

Comment je fais pour travailler avec mon handicap ?

Mon poste de travail :

Travailler est plutôt facile pour moi car mon poste est adapté à ma situation. On pourrait penser que j’ai besoin de nombreux aménagements pour pouvoir travailler, étant donné la lourdeur de mon handicap. Or, il n’en est rien. Je travaille essentiellement sur ordinateur, support sur lequel je suis totalement autonome. L’ordinateur n’a nécessité qu’une seule adaptation : l’achat d’une souris d’ordinateur, un modèle très petit et très sensible que l’on trouve dans le commerce pour 15€ (logitech mini-mouse M187).

Aussi, pour poser mon bras et piloter l’ordinateur, j’ai fait l’acquisition d’une petite tablette sur un pied chez Ikea, réglable en hauteur, dont je peux m’approcher très facilement avec mon fauteuil roulant. Prix : 30 € (tablette pour PC Ikea).

Enfin, pour éviter que ma main ne se refroidisse l’hiver, je me suis aussi équipé d’un chauffage électrique soufflant que je pose directement sur la table. Prix : 30 €. Pour téléphoner, rien de plus simple : mon téléphone fixe est équipé d’un casque sans fil avec micro sur lequel je prends et passe les appels. Pour décrocher et composer un numéro de téléphone, un logiciel me permet de le faire en toute autonomie depuis l’ordinateur. Et pour les quelques tâches non informatiques que je ne peux effectuer seul (imprimer, scanner et classer des documents, ouvrir mon courrier et en envoyer), mon auxiliaire de vie est là pour m’aider à les accomplir.

Comme vous le voyez, dans mon cas, quelques aménagements simples pour une somme dérisoire suffisent pour travailler dans de bonnes conditions. Et lorsque les aménagements plus coûteux sont nécessaires, l’Agefiph (Agence pour l’emploi des personnes handicapées) peut prendre en charge ces dépenses.

Les rdv extérieurs :

Dans le cadre de mon travail, je suis souvent amené à me déplacer pour des rdv à l’extérieur. On pourrait penser qu’une personne à mobilité réduite, dont les déplacements sont plus difficiles, reste 100% de son temps dans son bureau. Là encore cela relève de l’idée reçue, car pour moi il n’en est rien. Et d’ailleurs je ne souhaite pas avoir un poste 100% sédentaire, je pense que je m’ennuierai à la longue. Je me déplace donc souvent sur l’agglomération lyonnaise, principalement à Lyon et Villeurbanne, ainsi que sur les communes limitrophes. Je vais à la rencontre aussi bien des collectivités locales, des locataires dont nous allons rénover les logements, des voisins des parcelles sur lesquelles nous construisons des logements, je vais visiter les sites sur lesquels nous avons des projets avec les architectes, entreprises de travaux, géomètres, je visite des immeubles proposés à la vente. Il est vrai que tout n’est pas souvent accessible, en particulier les immeubles anciens, mais ce n’est pas un problème car je suis toujours accompagné à minima par mon auxiliaire de vie. Pour me déplacer, j’utilise les transports en commun dans la majorité des cas, le réseau lyonnais étant très accessible. Il m’arrive également de faire appel au service de transport spécialisé Optibus, lorsque je me rends plus à l’extérieur de la ville.

Comment se déroule ma journée de travail ?

J’ai choisi d’exercer un poste à plein temps, c’est plus facile dans mon métier, même si des aménagements du temps de travail sont possibles (4/5ème par exemple). Je suis accompagné en permanence par un auxiliaire de vie en semaine, que je travaille ou non. J’en ai de toute façon besoin du fait de mon handicap. Voici donc comment se déroule une journée de travail classique pour moi. Je suis plutôt de nature matinale. Le matin, mon auxiliaire de vie arrive à 7H45 à la maison et nous partons ensemble au travail. J’arrive au travail à 8H10. J’ai la chance d’habiter relativement proche de mon lieu de travail, ce qui me permet d’y aller à pieds (enfin, à roulettes ^^). Je prends le bus uniquement par mauvais temps ou lorsqu’il fait froid. Je m’installe à mon bureau après avoir salué mes collègues, pour ceux qui sont déjà là. La 1ère chose que je fais, c’est consulter mes mails et y répondre. Quand je suis à mon travail, je passe la majorité de mon temps derrière mon ordinateur, et en passant des coups de téléphone de temps en temps. Le reste du temps, je vais voir certains de mes collègues, je suis en réunion ou bien en déplacement à l’extérieur. En général, je prends une pause de 12H à 14H, ce qui me laisse le temps de rentrer à la maison, de manger et passer aux toilettes. L’après-midi, je suis de retour pour 14H. Le soir, je termine ma journée de travail entre 18H et 18H30, sauf le lundi soir où je pars un peu plus tôt (17H30) car j’ai rdv de kiné.

Les déplacements professionnels : toute une organisation

De temps en temps, une dizaine de fois par an, je suis amené à partir en déplacement, principalement pour des formations. Je me rends essentiellement à Paris, ainsi qu’à Metz où se trouve le siège du groupe. Lorsque je vais à Paris, je pars souvent à la journée, en partant avec le train de 6H et en rentrant vers 20H. En revanche, lors je pars à Metz, c’est forcément sur au moins 2 jours car il faut plus de temps pour s’y rendre, et cela implique de trouver une chambre d’hôtel accessible. En soi, ce n’est pas difficile à condition d’anticiper les choses et de tout organiser à l’avance. Car il y a peu de places pour fauteuil roulant dans un tgv et très peu de chambre d’hôtel accessibles. Premier arrivé, premier servi !

Conclusion :

Travailler avec un handicap comme le mien est plutôt facile lorsque tout est bien organisé et que c’est devenu une habitude. Le plus difficile c’est bien entendu d’en arriver là, après avoir affronté une vague de préjugés aussi faux qu’infondés au sujet du handicap, dont la portée et l’impact sont eux, bien réels.

25 Avantages à embaucher une personne handicapée (pour l’entreprise)

Bonjour à vous,

Comme vous le savez peut-être, je suis en recherche d’emploi. J’ai décidé de faire un exercice qui m’aidera à renforcer ma crédibilité et convaincre les entreprises : lister tous les avantages de l’embauche d’une personne handicapée pour une entreprise. J’ai souhaité vous les partager tant ils sont nombreux car cela pourrait convaincre des entreprises de laisser leur chance aux personnes handicapées. Cela m’a persuadé que le handicap est une chance pour l’entreprise.

Voici donc une liste de 25 Avantages que représente, pour l’entreprise, l’embauche de personnes handicapées. Bien plus que les avantages financiers directs, il y a des raisons morales, légales, managériales, organisationnelles et stratégiques, qui apportent une grande plus-value à l’entreprise.

  1. Démontre la responsabilité sociétale de l’entreprise. Recruter des travailleurs handicapés démontre l’engagement de l’entreprise contre l’exclusion et la discrimination. Cela valorise l’entreprise ainsi que ses salariés.
  2. En termes de communication, cela prouve la qualité de l’entreprise sur le plan humain par des actes concrets. Améliore l’image et la réputation de l’entreprise vis-à-vis des salariés et des clients.
  3. Le recrutement de collaborateurs handicapés renvoie un message d’ouverture et de confiance en l’avenir qui rassure l’ensemble des salariés. Cela renvoie l’image d’une entreprise qui laisse sa chance à chacun peu importe son handicap, son milieu d’origine, ses spécificités pour peu qu’il soit compétent et motivé.
  4. Prime à l’embauche d’un travailleur handicapé pour l’entreprise : 4000 € pour la signature d’un CDI ou d’un CDD d’au moins un an (Voir ici).
  5. Diminution de la contribution versée à l’AGEFIPH (dans le cas des entreprises de plus de 20 salariés qui n’ont pas atteints le seuil de 6% de travailleurs handicapés)
  6. Etre handicapé, c’est faire plus avec moins : toute entreprise partage cet objectif. L’objectif d’apporter le plus de valeur (chiffre d’affaires) en faisant le moins d’efforts (dépenses), c’est-à-dire augmenter les bénéfices.
  7. Favorise l’entraide, l’esprit d’équipe et la cohésion qui sont fondamentaux au sein de l’entreprise et indispensables à son fonctionnement.
  8. Améliore l’acceptation de soi, de l’autre et des différences qu’il existe entre les individus d’un groupe et donc l’épanouissement des salariés (Citation : « Plus les salariés sont épanouis, c’est-à-dire plus ils s’acceptent pour ce qu’ils sont, et plus ils sont capables de donner leur potentiel à l’entreprise. Or sur ce plan, l’insertion des personnes handicapées joue un rôle. » Christian Boiron, PDG des Laboratoires Boiron).
  9. Démontre la qualité du management des équipes. Par définition, manager signifie faire travailler ensemble des individus qui ont tous leur singularité, puisque chacun d’entres-nous est unique, et prendre en compte les différences et spécificités de chacun. Donc un bon manager sait bien gérer l’intégration dans une équipe d’un collaborateur handicapé, en tenant compte de sa singularité.
  10. L’embauche de salariés handicapés contribue à l’amélioration des pratiques managériales de l’entreprise, car elle apprend à gérer les différences entre les individus, qui existent entre les salariés « ordinaires ».
  11. Les personnes handicapées sont un enrichissement pour l’ensemble des collaborateurs de l’entreprise et ses clients (Les personnes ayant un collègue handicapé disent l’expérience enrichissante, de nature à modifier le regard sur les personnes handicapées (83 %) et à donner du sens à leur travail (60 %) – Sondage Louis Harris).
  12. Favorise l’innovation : une adaptation de poste pour un travailleur handicapé peut profiter à tous, et augmenter fortement la productivité. (Des innovations importantes ont été créées à l’origine pour le handicap : télécommande pour les tétraplégiques, SMS pour les personnes sourdes).
  13. Braver les préjugés et les idées reçues, sortir des schémas classiques est une nécessité pour toute entreprise qui souhaite se développer. L’embauche de travailleurs handicapés s’inscrit totalement dans cette logique, qui maintien un état d’esprit dynamique propice à l’innovation.
  14. Les employés handicapés font en moyenne plus d’efforts que les autres car ils veulent montrer qu’ils sont aussi compétents et parfaitement capables d’exercer leur emploi.
  15. Les salariés handicapés ont en moyenne une motivation et une capacité d’adaptation supérieures à la moyenne. Les études montrent que les salariés handicapés sont perçus par les employeurs comme plus consciencieux et motivés.
  16. Les études montrent que les salariés handicapés sont plus fidèles et attachés à leur entreprise, qui leur a laissé leur chance.
  17. Le handicap « oblige » les salariés handicapés à développer des compétences pour compenser leurs difficultés dont l’entreprise peut profiter (Elles dépendent du type de handicap. Généralement les personnes handicapées ont des sens plus développés que la moyenne, à part celui qui leur fait défaut. Cela peut s’expliquer par la plasticité cérébrale du cerveau humain).
  18. Les personnes handicapées, « combattants du quotidien » de par les difficultés qu’elles affrontent et surmontent dans la vie de tous les jours, sont mieux préparées pour relever les défis. C’est un grand avantage pour l’entreprise.
  19. Peut permettre à l’entreprise de trouver des talents et des compétences plus répandues chez les personnes handicapées que parmi les candidats ordinaires (Le handicap est une très bonne école de la vie, qui permet de développer beaucoup de compétences au contact des difficultés qu’il représente et que la personne doit dépasser).
  20. Permet de trouver des candidats dans des secteurs d’activité où les entreprises manquent de main d’œuvre.
  21. L’intégration de travailleurs handicapés, qui ont parfois des besoins spécifiques, permet à l’entreprise de mieux prendre en compte les besoins de tous par la suite.
  22. Les problématiques auxquelles renvoie l’intégration des personnes handicapées sont tout à fait transposables à la prise en compte de la diversité au sens large. Cela bénéficie à l’égalité homme / femme, l’intégration de personnes de différentes cultures, de plusieurs nationalités, de milieux sociaux divers et bénéficie finalement à la majorité.
  23. Le travail qu’effectue la personne en dépassant les difficultés que représente son handicap peut inspirer et motiver son entourage professionnel à faire de même et donner le meilleur de lui-même.
  24. Le suivi précis des collaborateurs handicapés peut être transposé aux autres salariés et au final permettre un meilleur accueil de tous dans l’entreprise et faire en sorte que chacun y trouve sa place et se sente bien. Cela améliore les pratiques RH au sein de l’entreprise.
  25. Développe et valorise l’identité de l’entreprise vis-à-vis de ses clients ce qui la distingue de ses concurrents.

Il y en a sans doute bien d’autres…Si vous en trouver d’autres, faites-nous en profiter, mettez-les en commentaires !

Agissons ensemble pour contribuer à créer un monde meilleur, plus juste, où chacun y trouve sa place. Partager cet article autour de vous, cela aidera les personnes handicapées et la société dans sa diversité.

Si grace à vous, cet article convainc ne serait-ce qu’une seule entreprise à franchir le pas à l’embauche de personnes handicapées, ce sera une grande victoire.

Merci. Je compte sur vous. A bientôt !

Une étude réalisée par Ipsos sur l’emploi et le handicap montre clairement que le plus dur pour l’entreprise, c’est de faire le 1er pas : voir l’étude ici.

Pour aller plus loin, voici un excellent livre à ce sujet (je l’ai lu):

Le handicap en entreprise : Contrainte ou opportunité ?, Guy Tisserant (que j’ai eu l’occasion de rencontrer et d’interviewer : ici)

 

2 nouveaux Projets : un Défi et un Voyage !

Bonjour à vous,

Ces derniers temps, vous l’avez sans doute remarqué, j’ai été moins présent sur le blog. Je suis en bien occupé par mes divers projets, dont je voulais vous faire part ici. Un défi à relever d’une part, et un nouveau voyage.

Un nouveau challenge professionnel

Il y a près de deux mois, j’ai appris que ma mission chez Technip ne serait pas renouvellée et se terminerait fin Mars. Apprendre que l’on va perdre son emploi n’est pas quelque chose de très agréable à vivre, surtout lorsque cela ne dépend pas de vous. En raison de la baisse des prix du pétrole, de nombreux projets ont été stoppé ou annulés, car ils n’étaient plus rentables. La situation économique s’est donc détériorée rapidement pour Technip, et les intérimaires sont les premiers à en faire les frais.

Après avoir appris la nouvelle, j’ai mis une journée avant d’adopter une attitude positive et constructive face à cette perspective. Plutôt que de me focaliser sur ce « problème », de me plaindre ou d’accuser les autres ou moi-même d’en être responsable, j’ai décidé de voir l’autre côté des choses, tout ce que la situation avait de positif. Même si ce n’était pas une fierté d’être au chômage, j’étais plutôt satisfait car mon travail correspondait totalement aux attentes de Technip. J’ai été perçu par mon responsable comme un collaborateur sérieux et efficace. Efficace ? Moi qui étais censé être plus lent que la moyenne. J’étais aussi très heureux de pouvoir travailler et gagner ma vie par mes propres moyens. Désormais, j’avais acquis la certitude que j’en étais capable, puisque je l’avais fait. J’avais aussi énormément appris en quelques mois, j’ai pris goût au travail bien fait grâce à mon responsable qui avait le souci du détail et d’apporter le maximum à l’entreprise. J’avais maintenant une vraie expérience en tant qu’ingénieur, ce qui faciliterait les choses pour la suite.

Et c’était également une nouvelle opportunité pour vraiment faire un travail en adéquation avec mon projet professionnel. J’ai commencé à envisager plusieurs pistes pour mon avenir. Lors de ma dernière année d’études, j’ai suivi l’option aménagement urbain en vue de m’orienter vers l’urbanisme ainsi que l’aménagement et la construction des villes. Au sein de ce domaine plutôt vaste, j’ai donc décidé de m’orienter dans le secteur du logement social, beaucoup plus en adéquation avec mes valeurs. Après plusieurs réflexions et échanges avec des professionnels du secteur, le métier le plus en adéquation avec mon handicap, serait le montage d’opérations immobilières, en amont de la construction de logements. Le même métier existe aussi dans la promotion immobilière classique, mais ce n’est pas dans ce type d’organisme que je souhaite travailler. En effet, les bailleurs sociaux ont d’avantage pour objectif  de répondre aux besoins en logement des populations modestes que la recherche du profit. Bien sûr, la plupart des organismes de logements sociaux sont des entreprises ou des offices publics que se doivent d’être rentables pour fonctionner, mais sont dotés d’une véritable mission sociale, très importante à mes yeux. Par ailleurs, étant donné qu’ils sont plus attachés aux valeurs humaines, ils seront plus à même d’accueillir un salarié en situation de handicap. J’ai aussi envisagé de travailler dans le secteur de l’accessibilité du bâtiment. Ma situation de handicap me rend particulièrement crédible et cela devient même un atout, sans oublier l’extraordinaire motivation que de savoir que je contribue à l’amélioration du quotidien des personnes handicapées. Etant donné la législation en vigueur sur ce point, nul doute qu’il y aura beaucoup de travail des dans ce secteur dans les années à venir.

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Depuis début Avril, je concentre mes recherches sur ces deux pistes, en privilégiant le logement social. Des milliers de personnes travaillent dans ce secteur à Lyon, tandis qu’ils ne sont que quelques centaines, tout au plus, dans le milieu de l’accessibilité du bâtiment. Contrairement à ma précédente recherche d’emploi, j’ai décidé d’y consacrer beaucoup plus de temps, environ 10H par jour la semaine. Le développement personnel m’a appris qu’il fallait se focaliser sur ses objectifs si l’on veut les atteindre. J’y associe la volonté et la détermination nécessaire pour avancer et continuer malgré les obstacles. Je sais par expérience que cela ne sera pas si simple, alors autant mettre toutes les chances de mon côté. Après un mois plutôt intense, je n’ai pas encore trouvé d’emploi, néanmoins j’ai fait un bon bout de chemin et je me suis bien rapproché de mon objectif.

En un mois, j’ai passé 13 entretiens au total, ce qui ne s’était jamais produit auparavant. Pour la moitié, il s’agit d’entreprises qui me contactent directement après avoir que j’ai mis mon CV en ligne, preuve que mon profil et que mon expérience intéresse les entreprises. J’accepte de les rencontrer car cela me fait un entrainement et me met dans une bonne dynamique pour ma recherche. Grâce à cela, c’est devenu une habitude, je ne ressens plus de stress particulier et j’ai pu travailler mon discours, peaufiner mes arguments et faire grandir ma confiance en moi. Parallèlement, j’ai passé plusieurs entretiens vraiment en accord avec mon projet. Ils m’ont déjà permis de mieux cibler ce que je recherche, de mieux comprendre le fonctionnement des organismes de logements sociaux et d’obtenir des contacts. Le 21 Avril, une avancée décisive a eu lieu. Je suis allé à Annecy rencontrer le directeur de Haute-Savoie Habitat. J’ai pu avoir un rdv avec lui car j’ai de précieux contacts sur Lyon dont l’aide m’est très utile, pour ne pas dire indispensable. Après avoir échangé avec moi sur le rôle que je pourrai avoir au sein de leur structure, il m’a dit qu’il avait envisagé de me laisser ma chance en me proposant un poste sur Annecy. J’ai dû décliner son offre car je n’ai pas la possibilité de prendre mon indépendance puisque je n’ai pas le nombre d’heures nécessaire d’auxiliaire de vie. C’est vraiment très encourageant. Ce jour-là, j’ai pris conscience et que c’était à portée de main, et que je pouvais y parvenir plus rapidement et plus facilement que je ne le pensais. Là même chose sur Lyon et c’est gagné. Le directeur de Haute-Savoie Habitat m’a donné le nom de plusieurs personnes à contacter de sa part, dont le directeur d’Est Métropole Habitat, un bailleur social lyonnais. J’avais décroché un rdv la veille avec cette même personne ainsi que le directeur du service qui serait susceptible de m’accueillir. Ce rdv aura lieu le 6 mai et représente beaucoup d’espoir pour. J’y crois. Affaire à suivre. Je vous tiens au courant.

 

Mon prochain voyage

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Dans une dizaine de jours, je pars avec ma famille pour une nouvelle destination : Milan, en Italie. Comme vous le savez peut-être, l’Exposition Universelle vient d’être inaugurée et se tient de Mai à Octobre. L’occasion idéale pour découvrir cet événement unique au monde. Nous partirons donc le 14 Mai pour un séjour avec 2 nuits sur place. Le jour de notre arrivée, nous visiterons le centre-ville de Milan, et le lendemain nous passerons la journée à l’Expo Universelle. J’en profiterai bien sûr pour faire un reportage vidéo de l’accessibilité en fauteuil roulant sur place, comme lors de mon précédent voyage.

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Trouver un hôtel accessible a été relativement simple. Nous avons choisi un hôtel Ibis et avons réservé deux chambres dont une adapté aux voyageurs handicapés. L’accessibilité repose sur des critères précis dans cette chaîne d’hôtel ce qui permet d’être sûr que ce soit accessible, et d’éviter bien des déconvenues. Il s’agit de l’hôtel IBIS STYLES MILANO AGRATE, situé à la périphérie de la ville. Dans les hôtels Ibis, il y a plus ou moins de place dans les chambres mais nous n’avons jamais eu de mauvaises surprises.

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Pour nous y rendre, nous avons choisi la voiture car c’est le moyen le plus pratique et qui me permet de transporter tout le matériel dont j’ai besoin. De plus, il n’y que 5 heures de route depuis ce qui est tout à fait raisonnable. Néanmoins, sachez qu’il existe des TGV Direct pour Milan au départ de Lyon et Paris, accessibles donc. Les transports en commun semblent plutôt accessibles, puisque la plupart des stations de métro ont des ascenseurs. Le plan est consultable ici.

Pour l’Expo Universelle, il y a même un site Internet dédié aux visiteurs en situation de handicap (en anglais ou en italien). L’Expo, située au Nord-Ouest de la ville est accessible par les transports en commun aux personnes handicapées. L’entrée est gratuite pour les accompagnateurs de personnes handicapées, sur présentation d’un justificatif. Plus d’info ici.

Pour terminer, voici une vidéo de présentation de l’événement pour vous donner envie d’y aller

Je vous raconterai comment ça s’est passé dans un prochain article. A bientôt !

 

Interview vidéo : Marylise, chercheuse au CNRS !

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, voici le portrait de Marylise, chercheuse au CNRS à Lyon en fauteuil roulant, et très impliquée dans le Téléthon. Elle nous présente ici son parcours, riche en expériences. A découvrir !

C’est grâce à votre soutien si je peux rencontrer des personnes et réaliser ces vidéos. Inscrivez-vous à la chaîne Youtube afin que je puisse aider d’avantage de personnes ! (clic en haut à droite de la vidéo)

A bientôt. Belle semaine à vous.